Chers Sevranais,

 

          Nous venons de vivre, du fait de l’épidémie liée au COVID 19, une situation hors du commun, que nous n'avons pas anticipée, ou pu anticiper dans la mesure où le très vaste domaine social n’a pas été par le passé développé comme il aurait dû l’être, dans une politique d’avenir et de construction véritable, en se contentant d’un acquit antérieur, sans adaptation à de nouvelles situations démographiques et socio-économiques, que le développement de Sevran a immanquablement mis en évidence.

 

          En situation de précarité, le confinement a été synonyme de solitude, de perte du lien social, de difficultés… Pour les sevranais en situation de précarité, le confinement a été une douloureuse épreuve. Malgré les mesures sanitaires imposées par l’épidémie de Covid-19, beaucoup d'associations ont maintenu le lien social. A ce titre et surtout dans l’avenir la municipalité se doit de mettre en place une coordination, afin de permettre au plus grand nombre de familles de bénéficier d'aides (distribution de colis, préparation de repas...), initiative impérieuse qui permettra que les nombreuses associations sevranaises puissent développer dignement leur activité en toute adaptation avec les besoins de la population. Au préalable il faudra réaliser un audit du monde associatif et des subventions distribuées chaque année à certaines associations, au détriment d’autres, qui sont dépourvues de toute aide, qu’elle soit financière ou logistique. L’absence de soutien municipal concret n’a pourtant pas empêché ces associations « oubliées » de poursuivre leur activité, notamment et particulièrement dans la période de confinement, grâce à un bénévolat exceptionnel, dont il faut éviter l’essoufflement, en organisant de manière exhaustive et pérenne la solidarité sur notre ville.

 

         Le CCAS doit être une structure relais entre l'administré et la collectivité, nous devons être en mesure de répertorier l'ensemble des familles pouvant bénéficier d'aide et d'accompagnement lors de situation d'extrême urgence. Il doit être le régulateur d'aides.

 

          Des structures sociales existent dans certaines villes, telles que « l'épicerie solidaire », nous devons obligatoirement et sans délai réaliser l’installation d’une telle structure sur Sevran. En effet lorsqu’on connaît les prix d’achat de certains produits alimentaires, notamment les fruits, les légumes et les produits frais, on sait parallèlement que pour les personnes en précarité, ces derniers s’avèrent inaccessibles, au détriment de leur santé. L’épicerie solidaire, tout en se présentant comme un commerce de proximité classique, permet aux personnes en difficulté économique de pouvoir bénéficier de produits de qualité entre 10 et 30% de leur valeur marchande, facilitant ainsi une meilleure qualité de vie aux bénéficiaires de cette épicerie. L’accès à cette structure se fait via le CCAS, après étude au cas par cas par un travailleur social et au vu d’un projet personnel élaboré respectivement pour chaque personne en difficultés économiques (payer ses factures impayées, assumer le coût de réparations pour une voiture pour poursuivre son activité professionnelle, attente d’ouverture de droits…) L’accès à une épicerie solidaire, en libérant le budget familial, d’un surcoût financier de l’achat alimentaire, permettra aux bénéficiaires de faire face aux difficultés inhérentes à leur quotidien. L’accès à cette structure est limité dans le temps (3 à 9 mois) et permet donc aux bénéficiaires de réaliser leur projet personnel, tel que défini avec le travailleur social. Le public concerné par cette initiative est généralement constitué de bénéficiaires de minima sociaux, de familles monoparentales, de retraités, d’intérimaires, d’étudiants sans ressources. Il faudra par contre se pencher sur le cas des familles dépassant, parfois de très peu, le quotient familial avec des ressources les classant d’office dans la catégorie de la petite classe moyenne, dont on connaît la paupérisation galopante depuis de nombreuses années. Les difficultés quotidiennes, que ces personnes dites en non précarité, rencontrent, et ont rencontré notamment dans la période de confinement avec un chômage partiel, aucune possibilité de bénéficier d’aide sociale, aucun soutien véritable des établissement bancaires pour assumer d’éventuels crédits immobiliers notamment, représentent une réalité prégnante, endiguant la qualité de vie de ces familles. Il est impératif d’ouvrir donc la solidarité et l’aide sociale à l’ensemble de la population sevranaise, dans un souci de respect d’accès au droit à une vie digne pour chacun d’entre nous.

          L’épicerie solidaire, s’inscrivant dans une action de solidarité plus vaste que l’achat de produits alimentaires, est également un lieu d’échanges, d’accueil, d’écoute, où l’on peut aborder de nombreuses questions : santé, éducation, logement, emploi…, pour permettre de rompre l’isolement. Dans cet esprit l’épicerie solidaire est une parfaite émanation d’une politique de ville transversale et multi-partenariale, que la nouvelle municipalité doit mettre en place au plus vite, et ce dans l’intérêt des sevranais, qui devront en retirer tous les bénéfices dans leur quotidien.

 

          Durant cette période de confinement, la communication verbale a laissé place aux échanges écrits. Or nombre de sevranais ne disposent pas de moyens de communication numérique ou sont en difficulté pour appréhender de manière exhaustive les écrits, du fait d’un illettrisme ou d’une mauvaise compréhension de la langue française… Ce constat au quotidien aggrave au quotidien chez les Sevranais en difficultés un sentiment d’isolement prégnant et endiguant également l’établissement et le respect de leurs droits. L’épidémie à COVID 19 a entraîné de ce fait une fracture sociale. Ce sont, là encore, les bénévoles des associations locales qui ont maintenu le lien social durant cette période difficile.

 

          De plus en plus on constate que les démarches administratives doivent se faire en ligne, que la dématérialisation des procédures est de plus en plus utilisée, or nombre de familles rencontrent à ce niveau de grosses difficultés, que le confinement n’a fait qu’exacerber, aggravant donc la fracture sociale. C’est au travers encore une fois des associations, que l’aide apportée à la population pourra être pérennisée, en dépit de toute fermeture des structures municipales liées à un risque sanitaire ou autre.

 

          Dans le domaine social et bien qu’indépendant de lui sur le fond, il faut rattacher sur la forme le constat des difficultés avérées par le contexte sanitaire : celui du domaine de l’éducation et de la scolarité en période de confinement. Les familles ont rencontré des difficultés pour utiliser les logiciels du collège ou les moyens d’échanger avec les enseignants, mettant en lumière et aggravant les inégalités scolaires. Là encore la mise en place d’un partenariat étroit entre l’Education Nationale, les associations locales dans leur activité d’aides aux devoirs, et la municipalité permettra de minimiser l’isolement et l’échec scolaire inévitable pour les familles, dont les parents ne peuvent venir en aide à leurs enfants.

 

          On le voit un soutien doit être apporté, à quel que niveau que ce soit, de manière diverse mais néanmoins constante aux personnes en difficulté.

          La ville se doit d'être le chef d'orchestre de cet accompagnement en mutualisant les moyens afin de pouvoir atteindre un grand nombre de personnes. Nous nous devons de mettre à disposition des associations sous certaines conditions une logistique essentielle à la bonne mise en place d'aides (mise à disposition de personnel, de véhicule, de locaux...). Un lieu unique et centralisateur permettrait cette coordination : la Maison des Associations, qui sera au service de la vie locale, pour :

  • Encourager, soutenir et promouvoir la vie associative

  • Aider à la création de nouvelles associations

  • Accompagner et conseiller les associations

  • Faciliter l’organisation d’événements, d’échanges et de rencontres

 

          La maison des associations constituera

  • un pôle de ressource en tant que lieu de conseil et de formation pour les associations dans les tous les aspects de la vie de leur structure : création (choix d’un statut juridique), développement, difficultés rencontrées ; Elle met à leur disposition les moyens et ressources (information, documentation, accompagnement des projets…) nécessaires à leur épanouissement et leur développement.

  • Un espace d’accueil, de rencontres et d’échanges, contribuant à aider les associations à entrer en relation avec d’autres, en les aidant à se faire connaître et en valorisant leurs actions. La maison des associations est à même de soutenir l’émergence de projets inter associatifs.

  • Un lieu ouvert aux dynamiques locales, s’adressant aux associations de tous secteurs d’activités, sans condition d’appartenance idéologique ou fédérative, dans le respect de leur spécificité

Votre dévoué,

Philippe GEFFROY

Bureau de campagne Aimer Sevran 2020

8, Place Gaston Bussière - 93270 Sevran

Tel  01 79 95 29 50

Email  geffroyphilippe.2020@gmail.com

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