Information essentielle

sur l'épidémie à Coronavirus

Article publié le 01/03/2020 à 10H00

par le Dr Carole AGUIRREBENGOA

AVANT PROPOS

 

Quant à l’infection au coronavirus COVID-19, il faut savoir qu’un guide méthodologique a été envoyé à tous les maires d’Ile de France dès le 20/02/2020.

 

Au 28/02/2020, soit huit jours après cette diffusion, aucune information n’a été donnée par la municipalité sevranaise actuelle aux professionnels de la ville et à la population, ce qui est dommage. J’ai personnellement téléphoné le 28/02/2020 à 15 h 20 au cabinet du Maire, m’étonnant du silence et de l’absence de réaction de la mairie face à cette problématique infectieuse.

 

Le Directeur Général des Services devait me contacter afin de dialoguer sur ce problème, je suis à ce jour le 29/02/2020 toujours en attente de quelque contact que ce soit.

 

En revanche en toute fin d’après -midi le 28/02/2020, soit environ quatre heures après mon appel téléphonique, est très curieusement apparu sur le site de la ville un message banal sur les précautions à prendre face à cette infection, sans autre diffusion réelle de quelconque information précise quant à ce problème.

Dans la gestion de cette crise sanitaire, il faut insister sur le fait que les municipalités se doivent d’être des relais essentiels, quant à la diffusion de l’information à leurs administrés.

Qu’en est-il vraiment à Sevran ?

 

Cela est d’autant plus aberrant, que la municipalité actuelle a signé en décembre dernier avec l’ARS, la CPAM et la Préfecture un Contrat Local de Santé (3ème édition), laissant sous-entendre que la mairie doit être immédiatement réactive, quant à ce genre de problème infectieux.

 

C’est pourquoi, il semble important face à ce niveau de silence organisé, d’apporter des précisions importantes quant à cette épidémie et prendre sérieusement en main l’information sanitaire à diffuser à la population sevranaise, en dehors de toutes celles diverses ou variées, que l’on peut trouver dans les médias.

QU'EST-CE QUE LE CORONAVIRUS ?

Le coronavirus dénommé COVID-19 a été dans un premier temps identifié en Chine dans la ville de WU Han, du fait de cas groupés de pneumonies, dont tous les cas avaient un lien avec un marché d’animaux vivants. Il s’agissait donc au début d’une transmission du virus de l’animal à l’homme. Depuis et du fait de la mondialisation et des voyages internationaux divers d’origine touristique, professionnelle ou économique, la diffusion du virus s’est fatalement élargie et le COVID-19 a contaminé d’autres pays (Italie entre-autre). Du fait toujours des voyages cités ci-dessus, le virus est retrouvé en France avec actuellement des foyers identifiés (clusters) dans l’Oise et en Haute Savoie ainsi que des cas sporadiques sur l’ensemble du territoire, en relation avec soit des contacts personnels avec des patients avérés soit des contacts familiaux, amicaux et professionnels avec des sujets contacts revenant des zones à risque.

La dynamique de l’épidémie, on le voit, est clairement actuellement compatible avec une transmission interhumaine.

Il faut, en premier lieu, apporter quelques précisions, quant aux définitions des différents types de patients intéressés par cette infection, définitions utiles données dans le guide méthodologique COVID -19 du 20 février 2020.

 

Patient cas suspect : personne dont on considère qu’elle pourrait répondre à la définition de cas (en attente de classement)

 

Patient cas possible : patient cas suspect qui, après évaluation et classement par un infectiologue référent, entre dans la définition de cas élaborée par Santé Publique France.

 

Patient cas confirmé : patient cas possible avec un prélèvement biologique confirmant la présence du COVID-19

 

Personne co-exposée : personne exposée à la même source d’exposition virale que le cas possible

 

Personne contact : personne ayant été en contact avec un « cas confirmé » avec différents niveaux de risque : négligeable, faible et modéré/élevé.

 

En France, nous sommes passés le 28/02/2020 au stade 2 de l’épidémie,

 

renforçant en cela la stratégie d’endiguement, puisque la diffusion sur le territoire français est clairement établie, et ce pour anticiper ou éviter de rentrer en stade 3, correspondant à la stratégie d’atténuation.

 

Il faut savoir que la période d’incubation varie entre deux et quatorze jours, mais l’évolution de la connaissance du virus a pu faire évoquer une période d’incubation supérieure à quatorze jours, « cependant le niveau de preuve n’est à l’heure actuelle pas suffisant », pour affirmer que l’incubation soit réellement supérieure à 14 jours.

Par contre, la contagiosité a été identifiée entre 24 à 48 heures avant l’apparition des symptômes, ce qui complique bien évidemment d’autant plus la prévention.

 

La pathologie débute par des signes cliniques peu spécifiques (toux, fièvre supérieure ou égale à 38° ou sensation de fièvre, difficultés respiratoires, fatigue, perte d’appétit, rhinorrhée, douleurs musculaires, maux de tête, douleurs de gorge) puis apparaissent dans certains cas d’autres signes (vomissements, diarrhée, vertiges, conjonctivite).

 

L’analyse des données épidémiologiques laisse apparaître une étendue du spectre clinique de l’infection, allant de formes asymptomatiques jusqu’aux formes les plus graves, la symptomatologie respiratoire restant au premier plan. Il faut préciser que la dangerosité du virus se révèle surtout chez les personnes plus âgées ou porteuses de pathologies chroniques préexistantes (insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire chronique…).

Situation à ce jour : 01/03/2020

 

85 406 cas à ce jour ont été à ce jour confirmés dans le monde.

2 933 décès dont 90 hors de Chine.

 

En France depuis le 20 janvier 2020

130 cas confirmés sont déclarés.

116 personnes hospitalisées.

9 dans un état grave.

2 décès. (Un patient chinois de 80 ans et un patient français de 60 ans)

12 personnes guéries.

 

63 pays sont touchés dans le monde.

 

La transmission du virus se fait par la projection de gouttelettes (lors de toux ou d’éternuement) et par un contact manu porté ou par l’intermédiaire de surfaces souillées de toute nature, le virus restant actif deux à trois heures sur une surface plane.

 

           

Précautions simples mais fondamentales

  • Tousser ou éternuer dans son coude et non dans ses mains, comme on le fait tous classiquement

  • Utiliser des mouchoirs à usage unique, qu’il faut jeter correctement et non sur la voie publique, immédiatement après utilisation.

  • Se laver les mains très régulièrement (toutes les heures au mieux), soit avec de l’eau et du savon, soit ce qui est le plus simple, avec du gel hydroalcoolique, compte tenu de la répétitivité obligatoire de cette précaution, alors que dans le même temps on ne dispose pas d’eau et de savon soit dans les transports en commun, les lieux de travail, dans les centres commerciaux, dans des réunions diverses. A domicile il est évident que l’eau et le savon sont largement suffisants, si tant est que le lavage respecte certaines précautions, à savoir lavage long et scrupuleux en insistant bien sur les jointures des doigts et de la main.

  • Pour éviter la contamination manu portée, il convient d’éviter les poignées de main.

  • En cas d’infection rhinopharyngée, il est souhaitable, hormis les précautions de base, comme on l’a vu au premier point, de porter un masque chirurgical lorsque l’on doit sortir de son domicile et notamment de consulter le milieu médical. Ces masques seront proposés à tous les patients présentant de tels symptômes à leur arrivée aux urgences ou centres de santé. Etant clair que suivant les directives nationales, les personnes ayant eu contact avec des malades ou revenant de région à risque devront respecter quatorze jours de confinement, y compris les enfants qui ne pourront aller à l’école pendant cette période.

  • Il est préférable de ne pas visiter des personnes fragiles dès signes rhinopharyngés.

 

En l’absence du respect de ces précautions d’hygiène « air et contact », il existe un risque

majeur de transmission du virus et donc en suivant ces règles, on minimisera celle-ci.

 

Néanmoins, en ce qui concerne les symptômes laissant envisager une infection à COVID-19, ces derniers sont parfaitement superposables avec ceux du virus de la grippe et autres infections hivernales banales. Or, on se trouve encore actuellement dans l’activité générale de la santé face à de tels cas classiques à cette période de l’année. Donc le diagnostic différentiel entre COVID-19 et la grippe reste encore difficile lors d’une consultation, rendant d’autant plus crucial le respect des précautions d’hygiène citées ci-dessus.

Pour les professionnels de santé libéraux

En ce qui concerne les professionnels de santé libéraux, qui sont et seront en première ligne dans la prise en charge en ambulatoire des patients ne nécessitant pas d’hospitalisation, il importe de savoir que des masques spécifiques leur seront distribués, mais dans la limite des stocks actuels disponibles, dès le trois mars 2020, masques qu’il devront porter lors de leur consultation et changer régulièrement dans la journée.

Ne pas déclencher une épidémie de psychose

Face à cette épidémie virale, à tout niveau de la population, il faut garder son sang-froid et surtout impérativement respecter les précautions strictes d’hygiène, tout en vivant normalement dans la mesure du possible. Il convient néanmoins de savoir que d’autres mesures pourront être imposées à la population, au fur et à mesure de la progression du virus et du passage au stade 3 de l’épidémie, qui interviendra en fonction de l’accroissement des cas sur le territoire. Quoiqu’il en soit, nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution de l’épidémie et de l’apparition de nouvelles directives, en étant clair d’ores et déjà que les précautions d’hygiène énoncées ci-dessus resteront toujours obligatoires, jusqu’à disparition de l’épidémie.

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