CHERS SEVRANAIS,

            La crise sanitaire, que nous traversons, est le juste aboutissement du démantèlement du système de santé, organisé depuis plus de dix années consécutives, où des choix économiques et financiers ont largement prévalu au bon sens. Les économistes ont pris le pas sur des professionnels du terrain, qui se sont trouvés englués, muselés et surtout non écoutés dans un contexte qui n’était pas le leur.

 

            Les conséquences à ce jour sont dramatiques, mais elles étaient prévisibles, si tant est que l’on ait fait abstraction d’arguments bassement et uniquement financiers. Il aurait fallu, bien évidemment, tenir compte d’une connaissance réelle et concrète des problématiques du terrain et ne pas se vautrer dans des considérations économiques, au risque évident de voir un système pourtant à la base bien huilé, s’écrouler ou crouler sur l’impossibilité de prendre en charge avec force de tels problèmes (fermeture de lits d’hôpitaux ou de des pans entiers de services ou même d’établissements en province, sous prétexte qu’ils n’étaient pas rentables, nombre insuffisant de personnels dans les services de santé, au risque de voir ceux restants complètement dépassés par le travail énorme, auquel il faut faire face coûte que coûte, matériels manquants allant des cathéters, médicaments et appareils beaucoup plus lourds comme les aspirateurs de réanimation, aucune prévision à long terme d’une gestion de la santé…)

 

            Les constatations sont lourdes surtout quand un grain de sable vient gripper les rouages établis dans une idée de gestion purement financière, où l’espoir premier est de faire des économies au détriment de l’humain, tant le malade que le personnel soignant.

 

            Sur Sevran, depuis quinze ans, les préoccupations municipales n’étaient nullement centrées sur une vraie politique de santé, permettant de prendre en compte une prévision à long terme des actions à mener, or on arrive à un constat difficile d’éloignement de plus en plus flagrant des dirigeants par rapport aux préoccupations des sevranais.

 

            La ville a vu progressivement s’installer une désertification médicale, qui ne fait que s’accroître au fur et à mesure des années, sans prévision ou travail de réflexion de la part de la municipalité. Parallèlement, sans se projeter dans cette évidence et de ses conséquences, le centre municipal de santé s’est transformé en une banale structure de soins, sans envergure, basée sur la routine, où les délais de rendez-vous connaissent de plus en plus un accroissement inéluctable, car l’offre et la demande ne se retrouvent pas en coïncidence et sont même en parfait décalage. Et pourtant lorsque l’on sait que la rémunération des médecins est sous-tendue obligatoirement à un remboursement de chaque acte par la CPAM, le coût pour la municipalité d’employer des professionnels de santé au sein de ce centre se retrouve parfaitement équilibré. On sait aussi que nombre de médecins font le choix délibéré du public au détriment du privé, aussi pourquoi ne pas multiplier les offres d’emploi afin de pouvoir satisfaire à la demande de la population. Si la notion de respect structurel et temporel intervient évidemment au sein d’un même local, il faudrait envisager de créer des antennes sanitaires dans les quartiers, notamment dans ceux les plus isolés ou enclavés ou désertifiés sur le plan de la santé, et utiliser pour ce faire les maisons de quartier existantes ou à créer comme ce serait le cas dans le quartier des sablons.

            Le CMS doit réinvestir son rôle d’organe central de santé sur la ville, à l’interface entre l’hôpital et le libéral. Pour ce faire il faut redynamiser ce dernier, lui donner tous les moyens adéquats pour apporter à la population une offre véritable et constante, aux plus proches de ses intérêts et de ses aspirations. On ne peut fonctionner que sur l’acquit, il faut faire fructifier celui-ci et avancer toujours dans une vue constructive d’avenir.  Il conviendrait donc de réfléchir plus avant sur la nécessaire reconstruction de l’offre de ce centre. Un exemple flagrant est celui de la radiologie, qui a été purement et simplement supprimée en 2006-2007, décision douloureuse aidée en cela par le départ à la retraite du médecin radiologue de l’époque. Cette fermeture intempestive a été argumentée par le fait que l’appareil radiologie était obsolète… alors qu’un appareil flambant neuf basé sur les dernières technologies avait été acquis après passage d’un marché public respectant les règles en vigueur, entre fin 2004 et 2005. Le résultat en a été logique pour les sevranais, dont on connaît la précarité financière, et qui n’ont eu d’autre choix que de se contenter d’une offre radiologique environnante dans un secteur II irrémédiablement lié à des dépassements d’honoraires.

            Il en va de même pour la progression des consultations au sein de ce centre de santé ; comment peut-on expliquer qu’entre 2002 et 2005 le nombre de ces dernières n’ait cessé de croître passant de 24 951 en 2002, 27 003 en 2003, 28 519 en 2004 et 31 970 en 2005, pour en arriver à un nombre surprenant pour 2019 de 20 858 consultations, inférieur largement aux chiffres de 2002 pour le moins et surtout 2005. Des questions se posent donc en toute logique. Comment devant la désertification médicale avérée de Sevran et la normale et relative stabilité de la structure municipale représentée par le CMS, peut-on en arriver à un tel nombre de consultations ? Quelle dynamique a été imprégnée dans ce centre ? Quelle politique de santé a été impulsée pendant les dernières années ? Une seule constatation doit être faite, celle que pour la municipalité en place, la santé ne peut avoir représenter à quelconque moment que ce soit « un choix fort pour Sevran ». Que va-t-il se passer dans l’objectif du Grand Paris et la croissance démographique qui en découlera ? Comment appréhender celle-ci, si d’ores et déjà rien n’est envisagé ou mis en place, afin de pouvoir accueillir et soigner dignement les nouveaux arrivants, alors même que l’on a des difficultés à prendre en charge les actuels habitants.

 

            La prévention, autre axe du domaine de la santé doit être remise à sa juste place, afin que chacun puisse s’approprier ce concept qui appartient à tous et de manière égale. Il faut donc considérer la santé comme irrémédiablement unie à tous ses déterminants : le social, le logement, le travail, les modes de vie, l’offre culturelle et sportive… Traiter de la santé publique sans tenir compte de ces facteurs est une erreur flagrante, vouée à l’échec. C’est donc bien, au travers d’une vraie politique de ville en toute transversalité, en multi-partenariat, que l’on parviendra à établir un axe de travail, de réflexion et de mise en œuvre d’actions véritablement utiles aux sevranais. Cette politique de ville tournée résolument sur la ville et uniquement sur la ville, sans exclure l’intercommunalité, sera basée sur une démocratie participative au travers du tissu associatif sevranais. Envisageons Sevran en tant que tel et non pas au travers de la lunette astronomique de Terre d’Envol, où Sevran se retrouve noyé dans la masse et ne récolte que les miettes d’un gâteau partagé à parts inégales entre les grosses communes environnantes. Sevran ne peut être le parent pauvre de cette intercommunalité, se doit de retrouver ses lettres de noblesse et mériter le respect qui lui est dû. C’est, au travers d’une politique de ville novatrice loin de toute démagogie et politique partisane, que Sevan parviendra, avec l’aide de tous, tous horizons confondus, à établir bien être et bien vivre pour ses habitants.

            Dans cette vision multi-partenariale, il faut insister sur la nécessaire union du monde social, sanitaire mais également de la sphère libérale. C’est au travers de ce travail participatif que l’on pourra établir une réflexion de fond, où chacun apportera de l’eau au même moulin, celui de la reconstruction de Sevran, donc son changement, qui ira dans le sens positif et qui sera source d’un développement exhaustif, où le retissage du lien social sera la base d’actions multiples, à même de développer l’altérité et la solidarité, la vraie, celle qui n’a pas besoin de phénomènes catastrophiques pour apparaître au grand jour ; celle, qui, au quotidien, fait qu’une ville a une âme, enrichie de sa pluralité et de sa diversité, où chacun a sa place et a le droit au respect.

 

            Il importe que la santé soit accessible à tous, quels que soient l’âge, le lieu d’habitation, sa situation de handicap. Pour ce faire, il faudra d’ores et déjà se baser sur l’étude de la démographie médicale et paramédicale de Sevran, où l’on s’aperçoit très nettement d’une disparité monstrueuse ente les quartiers, rendant plus criante encore la désertification médico-sociale de certains secteurs sevranais, qui s’en retrouvent de fait enclavés et laissés à l’abandon… Le confinement, que l’on a subi dans la crise sanitaire actuelle, a nettement mis en évidence cette différence, où certains quartiers vides de toute pharmacie, de médecins, de commerces, se sont retrouvés isolés, notamment au travers des personnes âgées ou en difficultés de se déplacer, parce que n’ayant pas de moyens de locomotion (privé ou public)… Il faut donc, d’autant plus maintenant que l’on a fait cette expérience désastreuse de cet enclavement, pouvoir rapidement mettre en place une redistribution des moyens de la ville à l’ensemble des quartiers…

 

            Une vraie politique de santé s’ouvrant à tous aura comme base de rendre attractive cette ville, où chacun peut trouver sa place… Un travail partenarial de fond avec les institutions hospitalières environnantes permettra, sans nul doute, de bénéficier de l’apport de nouvelles forces vives ; s’ouvrir à l’extérieur et multiplier le partenariat à l’intérieur de la ville auront comme effet de pouvoir diversifier l’offre médicale. L’heure n’est plus au fonctionnement en circuit fermé non productif et entraînant un épuisement, une lassitude de par l’habitude ; ces deux sentiments désagréables et stériles sont alors sources de décrépitude et certainement pas d’une pérennisation d’une politique saine et constructive.

 

            Vaste travail ambitieux, mais qui sera basé sur la réflexion, l’envie de bien faire et progresser sur le chemin d’une politique de ville exhaustive, à même d’asseoir la cause de Sevran. Ce travail sera basé sur la réflexion et le partenariat unissant tous ceux qui partageront cette même envie, ce même idéal, mais, dans le même temps, celui-ci ne sera pas forcément lié à un surcroît de dépenses, car c’est dans l’union de tous et de leur travail respectif que l’on parviendra à faire qu’aimer Sevran puisse devenir un message, un but universel pour tous les sevranais.

            Rien ne pourra se faire sans une vraie politique volontaire, réfléchie, anticipatrice, qui fera que Sevran amorcera, dans de bonnes conditions, le virage que va lui obliger la genèse du Grand Paris avec son surcroît de population, à laquelle il faudra apporter respect, bien être et prise en compte de toutes ses problématiques en balayant tous les domaines et déterminants de la santé, allant de l’offre médicale harmonisée, au social, au logement décent, aux offres culturelles et sportives adaptées, garantissant alors dans le même temps paix et sérénité à chaque sevranais. Vivre à Sevran ne représentera donc plus une honte et l’attractivité de la ville ainsi recréée sera à même d’attirer de nouveaux professionnels, qui contribueront eux-aussi à la pérennisation de cette nouvelle dynamique médico-sociale, commerciale et économique.

 

            Volonté, union du travail, réflexion ne coûtent pas d’argent, et si l’on s’en réfère à des arguments financiers pour ne pas mettre en place cette politique, ce serait une profonde erreur, dans laquelle se réfugie tous ceux qui n’ont aucune ambition réelle positive, allant dans l’intérêt de tous, au profit d’intérêts autres, d’où courage et anticipation sont exclus.

 

            Si dans son temps Henri IV affirmait que Paris valait bien une messe, il faut affirmer aujourd’hui que Sevran vaut bien tous ces efforts, loin de n’être que dispendieux, afin de l’asseoir dans un avenir rayonnant, pour que nos enfants et ceux à venir puissent être fiers de vivre dans notre ville

Votre Dévoué,

Philippe GEFFROY

Bureau de campagne Aimer Sevran 2020

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